Le cyber-harcèlement… une autre forme de harcèlement !

 

Les études que nous menons pour comprendre la manière dont le harcèlement se réalise sur les réseaux sociaux indiquent sans ambiguïté que l’espace numérique constitue une « caisse de résonance » qui tend à aggraver considérablement – notamment en raison du nombre de témoins et de la fulgurance des interactions - les conséquences nocives de cette modalité d’expression d’une agressivité essentiellement hiérarchique.

 

Les différents effets que nous avons relevés concourent à rendre cette forme de harcèlement particulièrement virulente. Mais ces mêmes effets une fois identifiés permettent aussi de dégager des voies pour le déconstruire. En clair, les réponses qu’il faut apporter aux situations de cyber-harcèlement imposent, d’une part, de freiner la tendance à la dilution des responsabilités qui se manifeste au sein des groupes et, d’autre part, d’y augmenter le niveau de sollicitude. La mise en place d’espaces de parole régulés qui protègent l’expression des émotions, tout en favorisant l’échange de regards, encourage naturellement la rencontre des visages. C’est comme cela qu’ils stimulent l’empathie qui se trouve à la base du sentiment de sollicitude. Dans le même ordre d’idée, la présence d’un conseil d’éducation disciplinaire tend à augmenter le sens de la responsabilité individuelle en replaçant chacun face à l’évidence de son propre comportement et en le mettant en position d’expliquer ce qui, le cas échéant, se trouve à la base de la conduite illégitime que révèle l’usage asocial d’un réseau social.

 

C’est à cette double tâche que s’attellent les dispositifs de prévention réalisés au sein de plusieurs centaines d’écoles en Fédération Wallonie Bruxelles et dans un nombre croissant d’écoles en Belgique et en France qui se montrent à la fois sensibilisées au phénomène et soucieuses de s’équiper.

 

La mise en place d’une application numérique protectrice qui permet à l’enfant ou à l’adolescent d’activer, depuis son Smartphone, une prise en charge du problème dès la première agression est depuis peu venue enrichir le dispositif.